Portrait d’actrice

En cette journée de la femme, l’équipe Adenfi a décidé de vous présenter une actrice des ENR qu’ils côtoient au quotidien : Aurélia Flèche, associée fondatrice du cabinet Adenfi.

Bonjour Aurélia,  pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?  

Bonjour. Je suis associée du cabinet de conseil Adenfi. J’ai toujours été passionnée par les énergies renouvelables dès le collège.
J’ai suivi une formation scientifique avec un Bac S puis un IUT en Génie Thermique et Energie afin de me spécialiser directement après le Bac tout en gardant l’opportunité de continuer mes études en école d’ingénieur. J’ai ainsi intégré l’INSA de Rouen en Energétique et Propulsion et grâce à leur partenariat avec Cranfield j’ai pu faire ma dernière année de formation en double diplôme en Angleterre et valider un master of Science en Energy System and Thermal Processes.
Dès la fin de mes études j’ai directement été embauchée par Dalkia au siège à la direction technique afin de réaliser des diagnostics énergétiques et des bilans carbones pour les clients grand compte du groupe en France et en Europe.
Ce poste technique m’a permis de découvrir l’optimisation énergétique de différents sites (réseaux de chaleur, industries, bâtiments communaux, piscine, centre commerciaux, résidentiel) et de travailler avec les équipes marketing sur des offres innovantes neutres en carbone. Puis j’ai directement intégré Adenfi dès sa création avec mes associés Nicolas Bentz et Gaël Levesque.

En quoi consiste votre travail chez Adenfi ? En quoi diffère-t-il de vos précédents postes ?  

Chez Adenfi au départ je réalisais les études techniques et je pilotais nos équipes d’ingénieur. Par rapport à mon poste chez Dalkia j’ai pu travailler sur les technologies renouvelables cependant mes compétences m’ont permis de développer des outils internes pour traiter des portefeuilles photovoltaïques ou des unités de biomasse. J’ai ensuite évolué vers la modélisation financière en soutien pour le développement de notre outil tout d’abord puis de manière autonome sur des sujets de valorisation et de holding. Les sujets financiers étant très sectorisés dans les grandes entreprises telles que Dalkia j’ai pu apprendre avec Adenfi à analyser les interactions entre les paramètres techniques et financiers d’un dossier.

Comment percevez-vous le fait d’être une femme dans votre milieu ? Avez-vous été confronté à des difficultés ou des discriminations ?

J’ai toujours été entourée de gens bienveillants dans le milieu professionnel cependant j’ai parfois observé que l’on réclame à une femme de faire ses preuves plus rapidement qu’un homme. Après avoir démontré ses compétences on peut travailler en égal avec les hommes. Je n’ai jamais subi de discrimination ni positive ni négative mais elle existe dans certaines entreprises et dans certains pays. D’après une étude de l’IRENA de 2019 réalisée dans 144 pays, il y a 75% des femmes qui perçoivent des barrières lors de l’entrée dans ce secteur et lors de l’évolution de poste contre 40% des hommes. Ces barrières sont principalement liées à la perception qu’on les individus à faire un métier selon que l’on soit une femme ou un homme. Il y a également des barrières sociales et culturelles.

Sentez-vous un changement s’opérer ?

En IUT nous étions 10 filles sur une promotion de 100 étudiants et en école d’ingénieur nous étions aussi 10 mais pour une promotion de 50 étudiants donc deux fois plus. Chez Adenfi nous avons régulièrement des stagiaires d’école d’ingénieur et nous avons eu autant de femme que d’homme. Je trouve donc qu’il y a toujours des filles qui osent les filières scientifiques et d’ailleurs elles ont un excellent esprit d’analyse et de synthèse dans leur travail. À mon statut actuel d’associée et dirigeant d’entreprise je rencontre des femmes formidable, cependant une grande majorité des chefs d’entreprise sont toujours des hommes. Dans l’étude de l’IRENA il y a seulement 32% de felles dans le secteur des énergies renouvelables (22% dans le secteur du pétrole et du gaz), et seulement 5% à des postes de direction exécutifs. Cependant de nombreux mouvements sont en cours tels que « Women Energy in Transition », « Women 4 climate », « Resourcefulwomen », « Global Women’s Network for the Energy Transition » et développent les réseaux de femmes influentes sur les questions environnementales.

Pouvez-vous nous parler de l’association « Elles bougent » pour laquelle vous êtes la marraine ?

J’ai découverts l’association grâce à une invitation de l’IUT d’Aix Marseille à un évènement pour promouvoir les filles en filière scientifique. Elle permet de présenter les métiers scientifiques chez des jeunes au collège, lycée et à l’université au travers d’interventions, de conférences ou de témoignages. Je trouve leur travail remarquable et absolument nécessaire car les filles n’osent pas suffisamment aller dans ces filières alors qu’elles ont de réels atouts et compétences à apporter ensuite dans les entreprise. L’objectif en tant que marraine est de rencontrer des étudiantes et leur partager ma passion et mon parcours pour leur donner envie de faire un métier qui leur plaise.

On vous retrouvera le 4 Avril prochain dans les locaux de l’IUT d’Aix Marseille pour la manifestation « Elles bougent pour le numérique ». Pouvez-vous nous parler de cet évènement ?

C’est une manifestation qui aura lieu dans toute la France dans 14 lieux différents. J’ai choisi d’intervenir dans le lieu où j’ai réalisé une partie de mes études à l’IUT d’Aix Marseille. L’objectif est de faire découvrir à 2 000étudiantes les métiers du numérique dans différents secteurs d’activité de l’aéronautique, aux énergies renouvelables ou robotique. Il va y avoir une présentation de chaque marraine et intervenants en amphithéâtre, une visite d’entreprise et des ateliers interactifs. Je vais présenter la simulation numérique de parcs éoliens : les différentes étapes de développement d’un projet et la modélisation de productible. J’ai hâte de pouvoir échanger avec ces collégiennes, lycéennes et étudiantes sur mon métier et mon parcours.

Le mot de la fin ?

En cette journée des femmes j’aimerai juste témoigner qu’avec de la persévérance et de la volonté il n’y a pas de limites. Nous pouvons être chef d’entreprise et épanouies dans un milieu plutôt masculin tout en étant à l’égal de nos collègues. Le domaine des énergies renouvelables est un milieu passionnant et j’espère que d’autres femmes vivent leur passion au quotidien dans leur travail.

By |2019-03-08T15:17:32+00:00mars 8th, 2019|Interview, News|0 Comments